LE  HAUT-JURA

 

Un petit jeu tout simple pour se détendre un peu les méninges. Si nous vous disons : Suisse, Monaco, Luxembourg, que nous répondez-vous ? Liste noire, liste grise, argent sale devenu plus blanc que blanc, etc. Décidément nous ne partageons pas les mêmes valeurs. Nos valeurs à nous ne sommeillent pas dans des coffres, pas dans des caves, elles se promènent sur les routes de France et de Suisse transportées par nos amis qui eux sont venus de Suisse, de Monaco, du Luxembourg, de France et de Belgique. Leurs cours varient en fonction  des uns et des autres mais ils sont le plus souvent au plus haut. Ces valeurs sont l’amitié, la fraternité, le plaisir de se retrouver, de partager la même passion de la moto et quelques autres du même tonneau..

 

Pour tracer la courbe de ces valeurs (c’est très tendance les courbes) nous nous sommes retrouvés à Lamoura dans le Jura pour quatre  jours de bonheur. Nous avions rendez-vous à Arbois pays du bon vin et de Pasteur, l’enragé de la découverte du vaccin. On nous invita à visiter sa maison au bord de la Cuisance ; en quelques minutes et explications on comprend ce que génie veut dire. Bravo et merci pour tant de vie sauvées. Ensuite des petites routes nous élevèrent au milieu des lacs, des pâturages et des forêts jusqu’aux 1 158 mètres du Village-vacances de Lamoura qui porte si bien son nom.

 

Bien sûr, dès le lendemain matin, ragaillardis par une nuit à la fraicheur reposante, nous faisions tous Lamoura Saint Claude au grand dame des âmes pieuses ; mais c’est là un des mystères et tout le charme du road book jurassien. Après le p’tit noir  au pays des pipes et du diamant, nous mettions le cap sur la Faucille (comme des marteaux – celle-là elle est un peu trop facile, aussi  je ne la ferai pas), sur le lac Léman et sur Genève. Question : la hauteur du jet , son débit, la vitesse en kilomètre par heure de l’eau au départ ? Nous, nous avions les réponses et nous avons joué les grosses têtes. Comme quoi ça sert de reconnaître les parcours. Après cette parenthèse culturelle, retour aux choses sérieuses : Le chocolat suisse. C’était prévu juste à la frontière, au nez et à la barbe des douaniers. Vous voulez l’adresse ? La Cure ; ce n’est pas une blague. Pour finir ce paragraphe qui commença par Saint Claude, passa par la patrie de Calvin pour s’arrêter à la Cure nous écrirons : « il y eut un jour, il y eut une nuit , ce fut le premier jour ».

 

            Les Helvètes sont très accueillants. Alors nous avons décidé de rouler à nouveau sur leur routes cantonales : « Ca joue » comme ils disent. Des virolos comme on les aime, pas trop cools mais pas trop serrés, un goudron propre comme une piste de bal un soir de mariage, des paysages splendides, un ciel bleu avec des nuages juste pour les photos, une bonne chaleur pas accablante pour deux sous suisses, une bande de copains faciles à vivre et enthousiasmés. Nous, on aime et cela suffit à notre bonheur de motards. Le parcours : Lamoura, La Cure, Saint Cergue, Le Brassus par le col de Marchairuz, La Dent de Vaulion, Le lac de Neuchâtel, la plage de Vaumarcus où nous prenons le repas de midi, retour par Sainte Croix, Nozeroy, Saint Laurent, Les Rousses. Encore une question de culture : Savez- vous comment on traduit « débriefing » en jurassien courant ? Comté, saucisse, macvin et autres spécialités locales à consommer entre amis. C’est un peu long mais c’est très juste comme traduction. Vous m’attendez pour la fin de ce paragraphe avec le coup du deuxième jour biblique. Eh bien non j’dirai rien, Na !!!

 

            Bois d’Amont ? Que peut-on aller faire dans ce petit village un dimanche matin ? Visiter le musée de la boissellerie : une vraie petite merveille à découvrir absolument. L’autochtone* qui nous accueille pour la visite a la passion collée au cœur pour tout ce qu’elle veut nous faire partager. A chaque phrase on revit ce qu’ont enduré tous les travailleurs du bois pendant des générations sous les contraintes d’un climat pas toujours très favorable. Pour faire face à tant d’adversité, ils sont devenus inventeurs de nombreux d’outils et de « combines » de production.  Superbe visite. Tous ont été époustouflés par tant de vitalité, d’humour, de connaissance et de gentillesse  de la part de notre guide. Cela mérite un grand merci.

 

* Après vérification, c’est le mot juste et qui n’est pas péjoratif du tout.

 

Et comme il est écrit sur le road book « Sniff, il faut se quitter ». Mais déjà tous pensaient à la « Journée des amis » et au programme 2010 avec la Roumanie, l’Andalousie et d’autres joyeusetés du même niveau

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